Gérard Khoury prix de « Doha capitale culturelle arabe 2010 »

03/01/2011

Gerard Khoury
Gerard Khoury

Distinction À l’occasion du choix de Doha comme capitale culturelle arabe pour l’année 2010, l’ambassade du Qatar à Paris a accompagné cet événement par une série de manifestations, culturelles évidemment, tout au long de l’année. 

Ces manifestations ont eu pour but, d’une part, de mettre en valeur le patrimoine culturel qatari et, de l’autre, de mener les relations franco-qataries vers une phase de coopération active sur le plan culturel afin de consolider les ponts jetés entre les mondes arabe et européen, et d’approfondir le dialogue des civilisations déjà engagé entre ces pays.
Le point d’orgue de ces manifestations a été l’hommage rendu à certains grands intellectuels arabes résidant en France en leur double qualité d’ambassadeurs de la culture et d’ambassadeurs de la culture française dans le monde arabe, ainsi qu’à leurs alter ego français qui se verront attribuer le prix « Doha capitale culturelle arabe », doté d’une prime de 10 000 euros.
Ainsi, une série de rencontres se sont déroulées à l’ambassade avec la participation de ces intellectuels arabes et français sous le thème « Le commun culturel entre le monde arabe et la France ». Thème qui fournira l’intitulé d’un ouvrage à paraître bientôt et qui reprendra l’ensemble des interventions et des discours prononcés durant ces rencontres.
Le comité de suivi et de coordination, propre à cette année, a été constitué sous la présidence de l’ambassadeur du Qatar en France, Mohammad Jahram al-Kuwari, avec la participation de l’ambassadeur de la Ligue arabe à Paris, M. Nassif Hitti, du poète Adonis et du président du Forum culturel libanais, Nabil Abou Chacra, tous membres du comité.
Gérard Khoury, penseur et écrivain libanais, a fait partie des personnes honorées. Il a choisi l’écrivaine et essayiste française, Danièle Sallenave, comme alter ego.
Lors de la cérémonie d’hommage, Gérard Khoury a expliqué le choix de son alter ego « tant pour l’admiration que je porte à l’œuvre de Sallenave que pour le courage de ses engagements. »
Dans le dialogue qui a suivi entre les deux écrivains, Khoury devait dire : « Comment ne pas être d’accord avec l’objectif de ce prix, celui du rapprochement des cultures ? Notre dialogue est nourri de nos histoires personnelles et riche de nos différences culturelles, et témoigne non seulement de la possibilité de se comprendre, mais aussi de dépasser les oppositions artificielles entre l’Europe et l’Orient arabe, entre les monothéismes dont nous avons appris à surmonter les fanatismes pour s’ouvrir à l’autre. Ce rapprochement et cette compréhension ne sont pourtant pas évidents. Il y a eu un chemin à faire et des obstacles à surmonter. La difficulté du rapport au différent, nous l’avons abordée dans nos échanges et discussions avec Danièle Sallenave, tant du point de vue des rapports masculin/féminin que des rapports à l’autre étranger qui, prennent suivant les époques des formes plus ou moins avouées de domination politique et sociale. La seule parade, en tant qu’intellectuels, dont nous avons disposé face aux hégémonies, c’est d’en démonter les rouages et d’en dénoncer les injustices pour favoriser la compréhension entre hommes et peuples, donc pour apprendre à connaître l’autre dans la complexité de son histoire et non en l’essentialisant. »
Dans sa réponse, Danièle Sallenave a également, à son tour, « salué comme elle le mérite, dans toute son ampleur et sa signification, une telle initiative ». « C’est en effet aujourd’hui une tâche essentielle que d’affirmer l’existence d’un dialogue interculturel, et en même temps se donner les moyens de le réaliser », a-t-elle souligné.
Ce type de dialogue est « une exigence du jour », comme Thomas Mann en découvrait l’urgence au siècle dernier lors des terribles affrontements intraeuropéens de la Première Guerre mondiale, mais il ne suffit pas que les États le décident ou que des politiques le mettent en place. Il faut aussi que la rencontre entre des artistes, des historiens, des poètes, des romanciers, lui fournissent la substance concrète sans laquelle il demeurerait un vœu pieux.
Que deux intellectuels appartenant à deux grands ordres de culture et de civilisation se partagent un grand prix, c’est l’occasion pour chacun de dire ce qu’il en est pour lui de la culture de l’autre et la manière dont il l’a rencontrée. Premier exemple de dialogue interculturel !
L’expérience de l’autre, de sa culture, de son histoire et de ses choix a été longuement évoquée au cours de ce dialogue riche sur plus d’un plan et qui sera consigné dans l’ouvrage à paraître.
Source: L’Orient Le Jour
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