Un livre-événement : les « Sources franciscaines »

26/11/2010
Saint François d’Assise.
Édition L’un des meilleurs spécialistes actuels en France de la vie spirituelle au Moyen Âge, Jacques Dalarun, se trouve en ce moment au Liban, à l’invitation des frères mineurs capucins, pour présenter un ouvrage dont il a été le maître d’œuvre, Sources franciscaines.
Avec cet ensemble de textes, fruit de quatre années de travail intense, les chercheurs disposent désormais de la quasi-totalité des textes et documents qui furent écrits sur François d’Assise au XIIIe et au XIVe siècles. Non seulement ses propres écrits, mais intégralement toutes les légendes ou « vies » de François, avec les recueils de miracles qui y sont adjoints. La plus connue, celle de Thomas de Celano et de saint Bonaventure, mais aussi celle de Julien de Spire et les souvenirs des compagnons de François, frère Jean, frère Rufin et surtout frère Léon. Ajouter à cela des textes liturgiques le concernant, les écrits des papes (les bulles) parlant de lui et de la règle des frères.
N’ont pas été négligés les traités qui ont contribué à dessiner sa figure, par exemple le Commerce sacré, ou qui ont marqué un tournant dans la chaîne des sources franciscaines : les Actes du bienheureux François et de ses compagnons (texte latin qui inspira les célèbres Fioretti), ou des extraits du Livre des louanges de Bernard de Besse et de la Parenté de saint François avec le Christ d’Arnaud de Sarrant.
De larges passages des chroniqueurs qui témoignent de l’essor de l’ordre ont été introduits (Thomas d’Eccleston, Jourdain de Giano, Salimbene) et une cinquantaine de témoignages. À consulter la table des matières, on peut voir que rien, ou peu s’en faut, n’a été laissé de côté. Ce ne sont pas des « morceaux choisis », mais ce sont tous les documents actuellement connus qui sont ainsi à notre disposition, en français. Certains des textes, tous écrits en latin, sont traduits pour la première fois en français. 

Le pourquoi et le comment
Livrés à l’état brut, ces textes seraient parfois hermétiques. D’où la place considérable laissée aux notes et aux introductions. Introductions générales, de la plume du grand historien André Vauchez et de Jacques Dalarun. Ceux-ci ont donné une préface et une introduction qui expliquent à merveille le pourquoi et le comment de ce travail : quarante pages très riches et aisées à lire. Introduction particulière pour chaque œuvre retenue, offrant un tronc commun d’informations sur l’auteur, la datation manuscrite, le genre littéraire, etc. Mais surtout, elles font le point sur les recherches actuelles et y mettent en valeur les résultats établis et les points de discussion. Elles nous apprennent à lire chaque texte dans son contexte, en tenant compte du milieu dont il est issu, et ce à quoi il répond.
Ce n’est un secret pour personne que les frères franciscains se sont très vite divisés, entre partisans des ermitages et ceux des universités d’Oxford ou de Paris. Si l’on ajoute les notes en bas de page, chacun peut désormais se forger sa propre compréhension de l’histoire de François et de son héritage.

Un grand confort de lecture
L’ensemble a été divisé en deux volumes, pour faciliter la présentation et offrir un grand confort de lecture. C’est évidemment une contrainte mais l’aération des pages obtenues ainsi en rehausse la lisibilité. Les textes sont néanmoins disposés dans l’ordre chronologique, ce qui permet de mieux s’y repérer. À la fin du second volume, on trouvera de nombreuses annexes qui permettent un travail d’approfondissement, en particulier des « concordances » grâce auxquelles il est très facile de trouver les parallèles d’un épisode et de voir comment chacun le présente.
Les Sources franciscaines marqueront certainement le désir de retrouver saint François, l’un des plus grands fondateurs d’ordre de l’histoire de l’Église, et aider chaque chrétien à s’interroger et à vivre l’Évangile à sa manière.
« Dans ce qui est naissant, les « petits », tels les bergers de la crèche, trouvent des exemples qui les émerveillent, mais dans ce qui est naissant aussi, les savants, tels les mages, se mettent en route pour trouver une lumière venue d’ailleurs », dit André Vauchez dans son admirable avant-propos à l’ouvrage.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, Jacques Dalarun donne en ce moment une session ouverte à tous sur les biographies primitives de saint François, à l’école Val Père Jacques des Sœurs de la Croix (Bkennaya). La session se poursuivra aujourd’hui vendredi 26 novembre, de 16h00 à 19h30 et demain samedi 27 novembre de 9h00 à 12h30.

Source: L’Orient Le Jour
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