Les mirages colorés de Hussein al-Mohasen

Par Colette KHALAF | 11/11/2010
Des figures iconiques de la chanson arabe sous la palette de l’artiste saoudien Hussein al-Mohasen.
Des figures iconiques de la chanson arabe sous la palette de l’artiste saoudien Hussein al-Mohasen.
Cimaises Une série d’œuvres sont exposées à la galerie The Running Horse * jusqu’au 26 novembre. Un hommage au « maqam » irakien sur fond de pop art, signé Hussein al-Mohasen.

Hussein al-Mohasen, artiste saoudien, a déjà un long parcours à son actif même s’il vient seulement d’atteindre la quarantaine. Son art, considéré comme expressionniste, a beaucoup voyagé et l’artiste a confirmé sa notoriété dans différents pays. Il devait être au Liban pour présenter son œuvre mais, pour des circonstances indépendantes de sa volonté, il a été retenu dans son pays, laissant les Libanais découvrir avec curiosité et intérêt son travail.
Elles sont d’apparence joyeuses, ses toiles aux couleurs criardes qui détonnent par la naïveté du sujet et la gravité de l’illustration. Husein al-Mohasen dit peindre la musique, mais aussi raconter des histoires. En effet, après le jazz où il illustrait les figures iconiques dans les vapeurs bleutées des notes jazzy américaines, c’est au tour du chant oriental d’être mis à l’honneur. C’est à travers leurs photos en noir et blanc, remises à l’ordre du jour par des couleurs éclatantes, que l’artiste crée le contraste. Une certaine mélancolie se profile dans ces clichés de chanteurs du « maqam » irakien auxquels l’artiste rend hommage. Les récits que véhiculent les toiles sont empreints de cette vision évanescente et teintés d’une douce nostalgie.
La mélodie de la couleur
Hussein al-Mohasen aime bien bousculer les stéréotypes et créer l’imprévisible. Son art, certes, s’inspire du monde arabe. Il s’en nourrit même, mais cela ne l’empêche pas de se libérer d’un certain académisme étriqué et d’une société omniprésente. Bien au contraire, l’artiste dit privilégier l’imaginaire aux règles académiques. «C’est bien d’étudier l’histoire de l’art, a-t-il dit un jour à la presse, mais c’est mieux d’étudier la vie.» C’est ainsi qu’il parvient à s’évader dans ses toiles en reliant le fil du présent et du passé. Sur fond de violet, de rose et de vert criards, voire chahutants, l’artiste saoudien fait revivre ces grandes figures de la chanson.
Des signes décoratifs de l’enfance (paillettes et gommettes) achèvent d’orner l’espace pictural de Hussein al-Mohasen, qui évoque par là l’innocence d’un passé révolu. Tout en humour et en délicatesse, il parvient à transformer le tank et le revolver, acteurs superstars du Moyen-Orient d’aujourd’hui, en simples joujoux. Comme pour exprimer leur instantanéité. Et même si ces armes à feu sont mises en évidence sur la toile par rapport aux visages qui tendent à s’effacer dans un mirage lointain, le son de la musique des ces grands chanteurs immortalisés par le travail de Hussein al-Mohasen parvient à faire taire le bruit des canons…périssables.
* Jusqu’au 26 novembre. Ouverte du lundi au vendredi, de 12h00 à 19h00, et le samedi, de 14h00 à 17h00. Tél. : 01/562778.
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