Fadia Haddad démasquée !

Par Carla Henoud | 10/11/2010
 (Michel Sayegh)
Exposition Les « Masques et oiseaux » de Fadia Haddad réapparaissent à la galerie Alice Mogabgab* rafraîchis, apparemment plus heureux, inspirés par les couleurs du pays, pas tout à fait les mêmes et pas vraiment différents. Toujours aussi puissants et de plus en plus maîtrisés.

Sur le carton d’invitation, un prénom, comme une présence. Et un masque, le troisième du nom, rouge et gris, signature d’une artiste qui poursuit sa quête et son évolution sans concessions, dans un état de lâcher total, en toute sincérité. Fadia Haddad, pourtant absente au vernissage de son exposition «Masques et oiseaux», comme elle le fait à chaque fois, préférant le calme de son atelier en France, est dans chacun de ses tableaux. Et cela lui suffit. Non pas qu’elle se cache derrière ces masques, mais elle est en leur centre, leur offrant un peu de son âme, de ses bonheurs, de sa sensualité et de ses obsessions. Et sa signature.

Pour sa neuvième exposition chez Alice Mogabgab, la première remonte à 1995, elle poursuit sa plongée dans les masques. C’est là qu’elle trouve son souffle et son inspiration. Symbole végétal, humain, symbole sexuel ou forme abstraite, sensation, explosion de couleurs, poésie, le masque de Fadia Haddad a absorbé cette fois-ci la lumière et l’éclat du Liban. Et, plus précisément, Jezzine, où elle a passé un mois, durant l’été 2009, à ressentir et à peindre sa période libanaise, avant de s’envoler, comme ses oiseaux, vers d’autres toiles. Son hôte Alice Mogabgab Karam raconte: «Nous avions fait venir tout le matériel de son atelier pour que rien ne change dans la technique. Le Liban lui a donné un soleil qui, permettant aux toiles de sécher plus vite, l’a aidé dans le processus de création, ainsi qu’une luminosité nouvelle.»

Du bonheur
Le résultat est une trentaine de toiles magnifiques, du très petit au très grand, sans titres, sinon Masque I, II, etc., avec des couleurs joyeuses, un blanc très présent, très heureux. La matière est riche, épaisse, somptueuse, à la fois précise et sensuelle. Le masque est de plus en plus libéré, purifié, pour arriver à l’essentiel, tant dans la couleur que la ligne. L’artiste réussit ainsi à dire le maximum avec le minimum. Le geste est précis, sûr, ample et généreux. La chorégraphie de ce geste souple.
Il est temps pour Fadia Haddad, qui occupe aujourd’hui une place importante dans les milieux artistiques européens et dans de nombreuses manifestations d’art contemporain, d’être reconnue à sa juste valeur sur la scène locale. Pour cette peintre, entièrement vouée à son travail, une vraie artiste qui, comme le souligne Mogabgab, a «tout abandonné ici, les compromis, les flatteries, le confort, pour la peinture», l’heure est venue de rejoindre l’avant de cette scène, comme elle le mérite.
L’exposition de Fadia Haddad est une belle invitation, adressée aux amateurs et aux collectionneurs locaux, à s’aventurer dans sa poésie et son mystère. «Je suis surtout très fière, conclut la galeriste, d’avoir une artiste de cette envergure.»

* « Masques et oiseaux », jusqu’au 26 novembre. Rue Achrafieh, immeuble Karam, 1er étage. La galerie est ouverte du lundi au samedi, de 10h00 à 19h00.
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