Les filiations d’Anne Berest…

Par Zéna ZALZAL | 02/11/2010
 Pour Anne Berest, tout est question d’héritage... Photo Michel Sayegh
Pour Anne Berest, tout est question d’héritage…
Le Salon en livres et en rencontres – Elle est l’une des découvertes de la rentrée littéraire française. Avec « La fille de son père », son premier roman sur le thème de la filiation, Anne Berest a mis l’ensemble de la critique parisienne dans sa poche. Invitée au Salon du livre francophone de Beyrouth, elle se prêtera au jeu des signatures, ce soir, au stand de la Librairie Stéphan, à partir de 18h00.

Un premier livre est toujours plus ou moins autobiographique, dit-on. Celui d’Anne Berest, La fille de son père (éditions du Seuil), ne déroge pas à la règle. Sinon que les accents autobiographiques qui l’émaillent ne sont pas là où on les imaginerait, assure l’auteure. Allure de liane et voix d’une incommensurable douceur, Anne Berest a dans le regard ce même mystère qui nimbe le personnage central de son roman. Mais si elle avoue avoir tiré quelque chose d’elle pour brosser le portait de la narratrice de son roman, l’auteure affirme être très éloignée de cette fille « un peu âpre, un peu paumée, qui a un rapport assez dur au monde ».

Cette narratrice, qui peine à trouver sa place entre ses deux sœurs, l’aînée, Irène, 38 ans, un tempérament incandescent, et Charlie, la « typique » petite dernière, va, par contre, marquer de son empreinte, acérée, le style de ce premier roman. L’histoire de trois sœurs, rousses, et de leur rapport au père.
Leur mère est décédée quand elles étaient encore toutes petites.
Leur père a refait sa vie. Au cours d’une réunion familiale, une dispute éclate entre l’aînée des filles et la belle-mère. Cette dernière lâche une bombe. Leur mère aurait eu un amant. Et l’une d’entre elles pourrait être la fille de ce dernier…
À partir de ce récit court, ce drame intime, au ton doux-amer, Anne Berest pousse le lecteur à s’interroger sur les liens du sang et de l’hérédité. Sur les rapports de lignée et de fratrie aussi.

Comment dénouer les liens du sang de ceux du cœur ? Quel inconscient collectif lègue-t-on parallèlement aux gènes dans une famille ? Autant de questions que pose ce petit texte de 160 pages, écrit dans une langue simple, enlevée, dégraissée de toute fioriture, par une auteure qui assure, pour sa part, avoir « hérité de l’attrait familial pour l’écriture ».

Un goût pour l’écriture qui a poussé Anne Berest à entreprendre de hautes études littéraires. Khâgne et Hypokhâgne, suivis d’un mémoire sur la dramaturgie baroque à la Sorbonne, puis d’un poste de rédactrice en chef des Cahiers du Théâtre du Rond-Point durant trois ans, qu’elle abandonnera pour avoir le loisir de se consacrer à l’écriture romanesque. Et, en parallèle, pour des raisons plus subsidiaires, à la rédaction de livres de mémoire.

Celle que ses parents avaient rebaptisée, petite, « Sweet & Sour », a semble-t-il trouvé sa voie – et sa voix – littéraire. La première colle à ses rêves de petite fille qui voulait devenir « femme écrivain ». Et la seconde à son surnom d’enfant, douce-amère !

Source: L’Orient Le Jour
Publicités
Cet article, publié dans Articles, Salon du livre francophone de Beyrouth, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s