Le Grand Prix du roman de l’Académie française à Éric Faye

01/11/2010
Rentrée littéraire Le Grand Prix du roman de l’Académie française a été décerné à Éric Faye pour Nagasaki (Stock), livre insolite sur le temps, la solitude et l’absurdité du réel qui transporte le lecteur au Japon, loin des premières amours littéraires de l’auteur, l’Albanie et Ismail Kadaré.


Éric Faye a été choisi « au troisième tour de scrutin, par 9 voix contre 6 à Maylis de Kerangal pour Naissance d’un pont (Verticales), a annoncé Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française. Jean-Marie Blas de Roblès, avec La Montagne de minuit (Zulma), était aussi en lice pour cette distinction, qui lance traditionnellement la saison des prix littéraires. Nagasaki est « un roman très original, c’est ce qui nous a séduits », a indiqué Mme Carrère d’Encausse. « Je suis surpris, très impressionné et honoré. C’est une étape importante pour moi, qui va me donner du courage pour continuer. Mais je n’imagine pas de vivre sans écrire » , a confié le lauréat à l’AFP. « En ce moment, j’écris des récits de voyages. Je suis allé cet été en Sibérie, j’aime les endroits peu fréquentés » , ajoute-t-il.

Né en 1963 à Limoges, Éric Faye, journaliste à l’agence Reuters, a publié une vingtaine de livres en près de vingt ans, oscillant entre nouvelles, essais, récits de voyages et romans.
Il est entré dans le monde des lettres par le pays des Aigles, avec un essai en 1991 sur l’écrivain Ismail Kadaré et, la même année, des entretiens avec cet auteur albanais, le plus connu à l’étranger.
Deux ans plus tard, il publie un autre essai, Dans les laboratoires du pire, puis, en 1995, son premier roman, Le Général Solitude. En 1998, son recueil de nouvelles fantastiques, Je suis le gardien du phare, obtient le prix des Deux Magots.
En 1999, son roman d’anticipation Croisière en mer des pluies remporte le prix Unesco-Gallimard. De 1982 à 2005, il effectue de nombreux voyages à travers l’Europe et l’Asie, qu’il racontera dans Mes trains de nuit.
L’an dernier, il a livré un récit autobiographique, Nous aurons toujours Paris, sur son enfance, sa jeunesse et les déclics de sa vocation d’écrivain.
L’histoire de Nagasaki est, elle, inspirée d’un fait divers. Au Japon, un célibataire quinquagénaire, Shimura, découvre qu’une femme a vécu chez lui pendant plus d’un an, à son insu. Tout commence par des disparitions infimes, des déplacements d’objets…
« J’ai fait plusieurs séjours au Japon, il faut beaucoup de temps pour décoder ce pays. Ce fait divers était très japonais. Je n’aurais pas imaginé le transposer ailleurs », relève l’auteur.
Shimura est un homme ordonné, qui quitte chaque matin sa vaste demeure face aux chantiers navals de Nagasaki pour la station météo locale, déjeune seul et rentre tôt le soir dans son antre.
Devenu paranoïaque, il répertorie scrupuleusement la nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine et installe des caméras dans sa maison.
Face à son ordinateur, il finit par apercevoir l’intruse. Mais est-ce une hallucination ? Un fantôme de ses échecs amoureux passés ? Shimura est tout chamboulé. Et c’est le point de départ d’une réflexion sur la solitude, l’individualisme forcené, les racines, l’histoire et la notion de chez-soi.
Il « s’interroge sur la vie qu’il aurait pu mener s’il avait été marié, s’il avait suivi un autre chemin que celui de la solitude », souligne l’auteur.
Le quinquagénaire appelle cependant la police qui embarque la clandestine.
L’enquête dévoilera qu’elle avait trouvé refuge chez lui après une longue errance.

Source: L’Orient Le Jour
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