La rentrée littéraire promet un programme de belle qualité

LEMONDE.FR | 01.01.10 | 18h38  •  Mis à jour le 01.01.10 | 19h17

Jean-Jacques Schuhl, Gilles Leroy, Christian Gailly, Yasmina Khadra, James Ellroy, Amos Oz, V. S. Naipaul… Si la rentrée de janvier s’annonce sous les meilleurs auspices, force est de constater que, avec 491 romans (contre 558 en 2009), la tendance à la baisse enregistrée à l’automne s’accentue.

Principale victime de cette glaciation : la littérature étrangère, qui enregistre un recul de 21 % avec 167 romans, contre 211 l’an dernier. Soit son plus bas niveau depuis 2001. Peut-être doit-on voir là le contrecoup de l’augmentation des droits d’auteur et de traduction, mais aussi le fait que les organisateurs du Salon du livre ont choisi de célébrer les trente ans de la manifestation en invitant non pas un pays mais des écrivains français et étrangers. Si la littérature française, de son côté, marque un léger fléchissement avec 324 livres, contre 347 l’an passé, les premiers romans après un automne en demi-teinte repartent à la hausse avec 73 titres, contre 61 en 2009.

Loin de l’effervescence de septembre et de la tension des prix, cette rentrée hivernale est placée sous le signe de la décrue. Elle n’en offre pas moins un programme de belle qualité. Ainsi chez Gallimard, où le retour de Jean-Jacques Schuhl avec Entrée des fantômes, dix ans après son Goncourt pour Ingrid Caven, est déjà annoncé comme l’un des événements de la rentrée. Tout comme le nouveau roman de Patrick Modiano, prévu en mars. Autres têtes d’affiche : Philippe Sollers avec Discours parfait, le troisième tome de ses articles, chroniques et entretiens ; Richard Millet, qui propose un récit et un roman où le Liban tient une grande place ; Camille Laurens, qui narre, avec Romance nerveuse, la rencontre d’une romancière et d’un paparazzi, ou encore Philippe Djian, dont le nouveau livre, Incidences, paraîtra en février. Du côté des filiales de Gallimard, notons la présence d’un autre Goncourt, Gilles Leroy, qui propose, au Mercure de France, Zola Jackson.

Chez Verticales, Arnaud Cathrine poursuit son exploration du roman-choral avec Le Journal intime de Benjamin Lorca, tandis que Céline Minard, chez Denoël, propose avec Olimpia, un portrait sulfureux de la belle-sœur du pape Innocent X. Enfin, chez P.O.L., l’essai de Marie Darrieussecq, Rapport de police : accusation de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction pourraient bien susciter quelques polémiques. Face à cette escouade, Grasset n’est pas en reste, qui publie le dernier roman de Jacques Chessex (décédé le 9 octobre), Le Dernier Crâne de M. de Sade, « chesséien » en diable. Mais aussi Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, de Patrick Rambaud, l’émouvant roman Le Premier Amour de Véronique Olmi ou encore deux recueils de poèmes de Charles Dantzig. La maison sœur Fayard n’a pas à rougir d’un programme où l’on retrouvera le délicat Dominique Fabre, mais également Claire Castillon, Frédéric Vitoux, Cyrille Fleischman, Morgan Sportès et un nouveau Pierre Pelot des plus sanglant.

En cette rentrée, la palme du recrutement en masse revient incontestablement à Actes Sud, qui affiche, au côté de Claude Pujade-Renaud, une myriade de transfuges. A commencer par Anne Weber (ex-Seuil), Emmelene Landon, venu de Léo Scheer, Denis Baldwin-Beneich (ex-Denoël), Emilie Frèche (Flammarion) ou encore Véronique Bizot, qui, après des nouvelles chez Stock, publie son premier roman. Le Seuil, à l’inverse, joue la carte des auteurs maison avec François Emmanuel, Olivier Rolin, Maryline Desbiolles, Patrick Grainville, Michèle Gazier ou encore Catherine Clément. Tout comme l’Olivier, qui poursuit son travail de mise en lumière de jeunes auteurs tels Valérie Zenatti, Jakuta Alikavazovic ou le drolatique Martin Page.

Chez Stock, outre l’arrivée de Catherine Vigourt avec le très autobiographique Un jeune garçon, sont également très attendus le dernier roman de Luc Lang, Esprit chien, ainsi qu’en février un volumineux et très singulier roman de Marie Billetdoux, C’est encore moi qui vous écris (1968-2008), composé à partir de ses écrits intimes (lettres, bulletins scolaires, critiques de livres…). Toujours aussi éclectique, Flammarion offre un programme où se côtoient Diastème, Laurent Seksik, qui évoque de manière romanesque les derniers jours de Stephan Zweig, Brigitte Fontaine ou Andrée Chedid.

Eternel oublié des prix d’automne, non sans s’en plaindre, Yasmina Khadra, chez Julliard, a donc choisi janvier pour publier L’Olympe des infortunes, une fable philosophique qui rompt avec ses précédents romans. Autre grand auteur algérien de cette rentrée, aux éditions de l’Aube, Maïssa Bey. Sous forme épistolaire, la romancière aborde, dans Puisque mon cœur est mort, le thème du pardon et de la loi de réconciliation nationale. Ce bref tour d’horizon ne pourrait s’achever sans évoquer les Editions de Minuit, qui proposent, comme en septembre, un duo de choix avec Eric Chevillard et Christian Gailly.

Christine Rousseau

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